[Copy: Article original sur Le Boulevardier]
C’est toujours après avoir lu Vice – au second degré hein – que j’ai envie d’écrire un pamphlet social à la première personne. Bizarre. Ce matin, c’est Slate qui me passe sous le nez avec un nouveau sujet sur les hipsters, après Tout-Ca, Courrier International et Rue89.
Oublions rapidement les considérations stylistiques, où d’ailleurs curieusement aucun commentateur n’arrive exactement à la même description du macro-type hipster que son prochain, ainsi que l’opinion que l’on se devrait d’avoir à propos de ces individus étranges. D’ailleurs, il semblerait que le phénomène hipster n’intéresse que les hipsters eux-même, quoique Le Figaro Madame s’y soit intéressé, LOL.
Peut-on écouter de la nu disco, lire Vice, regarder Tracks… et ne pas être branché?
Puisqu’il est désormais courant parmi les hipsters comme parmi les bobos avant eux hein, de produire une auto-détestation endogène, il est temps de se demander si être un hipster et l’accepter, c’est vraiment en être un. Peut-on être en paix avec ses goûts branchés et donc ne plus l’être?
La clé du caractère hipster, c’est d’être un geste et non un état. La gesticulation née des mouvements de bras nécessaires à nager après la nouveauté ou la pièce vintage marginale fait de l’être hipster un vecteur. D’où son incapacité à se reconnaître dans ce qu’il était l’instant d’avant. Le hipster est à peine là qu’il est déjà ailleurs. Enfin ça, c’est le hipster/hater.
Mais sinon, le jeune citadin un poil conformiste: Petit Standard A.P.C., montures vintage, montre à cadran simple et fantaisie capillaire relative, pull de marin danois; lorsqu’il sort d’un concert de musiques actuelles comme on dit au Ministère de ce qu’il reste de la Culture (genre The Rapture ou Arcade Fire), et qu’il va s’offrir un Bagel hors de prix à manger devant un replay de Tracks. S’il n’a rien demandé à personne: Est-il branché?
En fait, on sait comment identifier une sortie du statut de hipster, il suffit de lorgner vers celui ou celle qui condamne ses congénères pour un Oui ou pour un Non, mais on ne sait pas vraiment comment en identifier l’entrée. A partir de quand est-on un hipster?
Voilà une question guillerette que je m’empresse donc de poser aux journalistes, blogueurs et autres commentateurs de timelines: mais de qui parle-t-on exactement?
Bonus: une page Facebook où l’on explore les contours de la pas-tout-à-fait-branchitude.
















